Le code dit ce qui est écrit.
L'oral dit ce qui est compris.
À chaque sprint, chaque équipe défend sa base de code devant le jury : la pensée derrière le code, les arbitrages, ce qu'on a écarté et pourquoi. La question de fond : « est-ce que cette équipe sait ce qu'elle a construit, et pourquoi ? »
35 points
Le volet oral, sur les 100 du sprint
5 critères
Publiés à l'entrée, avec le déroulé et la banque de questions
4 niveaux
Maîtrisé, solide, fragile, absent. Les mêmes que la grille de revue et la peer-review
30 minutes
Par équipe et par sprint, en 5 temps ; 45 en soutenance finale
Le barème
5 critères, 35 points.
Le détail
Ce qu'on mesure, niveau par niveau.
Le « besoin » évalué est toujours le besoin tel que cadré par le formateur pour le sprint, adapté à des fins d'apprentissage.
Compréhension du besoin
/6L'équipe a compris le problème à résoudre, au-delà de la fonctionnalité à produire. Les contraintes, les cas limites et ce qui reste hors périmètre sont fixés d'avance au cadrage du sprint, les mêmes pour les 5 équipes.
| Niveau | Points | On observe |
|---|---|---|
| Maîtrisé | 6 | La reformulation du problème est juste, tous les attendus sont nommés sauf un au plus, et le périmètre écarté est assumé et justifié |
| Solide | 4 | La reformulation est juste, mais 2 attendus ou plus manquent |
| Fragile | 2 | L'équipe décrit ce qu'elle a fait au lieu du problème qu'elle résout |
| Absent | 0 | L'équipe échoue à reformuler le problème, ou le reformule en contradiction avec le cadrage |
Arbitrages techniques
/10Les thèmes de décision du sprint (découpage, modèle de données, bibliothèque, abstraction ou duplication) sont annoncés le matin même, les mêmes pour les 5 équipes. Sur chaque thème, le formateur pose les 4 questions :
- 01Quelles alternatives avez-vous envisagées ?
- 02Pourquoi avez-vous choisi celle-ci ?
- 03Quels sont ses inconvénients ?
- 04À quelles conditions faudrait-il revoir cette décision ?
On évalue le jugement. Un choix inhabituel que l'équipe sait défendre vaut plus qu'un choix classique qu'elle ne sait pas expliquer. Une alternative réelle est une option viable dans le contexte du sprint : l'équipe sait dire ce qu'elle aurait changé dans le code. Une équipe qui explique l'absence d'alternative se note « fragile ». Le formateur lit les ADR du sprint avant la soutenance : l'oral vérifie que l'équipe sait les défendre, et que le code leur correspond.
Pendant la soutenance, le formateur coche 2 thèmes × 4 questions, soit 8 cases. Une réponse précise au contexte vaut 1, une réponse qui n'arrive qu'à la relance 0,5, une réponse générique ou absente 0. En soutenance finale, 3 thèmes, 12 cases.
| Niveau | Points | Sprint (sur 8) |
|---|---|---|
| Maîtrisé | 10 | 6,5 et plus : alternatives réelles, choix justifié par le contexte, inconvénients assumés sans qu'on les souffle, conditions de révision concrètes |
| Solide | 7 | 4,5 à 6 : choix justifiés, une alternative ou un inconvénient n'apparaît qu'à la relance |
| Fragile | 3 | 2 à 4 : justifications génériques (« c'est plus propre »), pas d'alternative envisagée |
| Absent | 0 | Moins de 2 : les choix ne sont pas expliqués, ou « c'est l'outil qui a proposé ça » sans recul |
Maîtrise de la base
/8Chaque membre peut expliquer n'importe quelle partie de la base, y compris le code écrit par d'autres et ce qu'un outil a généré. Ce qui est dit correspond à ce qui est dans le dépôt.
- 2 membres sont tirés au sort parmi les présents, avec un outil visible de tous. 4 minutes chacun. Le tirage est suivi d'un sprint à l'autre : chacun est interrogé au moins une fois tous les 2 sprints.
- Le formateur présélectionne 3 éléments la veille, dans les mêmes catégories pour les 5 équipes : une fonction non triviale, un test, une requête ou une migration. Il vise un élément auquel d'autres que le membre tiré ont contribué.
- Le formateur partage lui-même la base gelée et navigue à la demande. Le membre a 60 secondes de lecture avant la première question. Les questions viennent une par une, et le silence est accepté. « Je ne sais pas, mais je chercherais là » vaut une réponse partielle. Après 2 minutes, le membre peut passer la main à un coéquipier, et le niveau plafonne alors à solide.
- La question « où est la dette que vous connaissez ? » est toujours posée.
| Niveau | Points | On observe (2 membres interrogés) |
|---|---|---|
| Maîtrisé | 8 | Les 2 expliquent juste, le discours correspond au dépôt, la dette est localisée avec sa conséquence |
| Solide | 5 | L'un des 2 fait une imprécision factuelle mineure corrigée à la relance, ou passe la main |
| Fragile | 3 | L'un des 2 échoue à expliquer son élément, ou le discours s'écarte du code |
| Absent | 0 | Les 2 échouent à expliquer leur élément |
Pour chaque membre interrogé, le formateur note aussi maîtrise : oui, partielle ou non, avec une ligne de justification. Cette observation individuelle va au livret de l'apprenant ; la fiche d'équipe reste collective.
Démonstration et communication
/6La présentation est notée ici. Le fonctionnel l'est par la grille de revue, les réponses aux questions par C2 et C3. La démo dure 4 minutes : le chemin principal, puis un cas d'erreur tiré par le formateur, le même pour les 5 équipes. Suivent 2 minutes où le formateur joue l'interlocuteur métier : « je suis le métier, expliquez-moi ce que ça change pour moi ».
| Niveau | Points | On observe |
|---|---|---|
| Maîtrisé | 6 | La démo est complète (chemin principal et cas d'erreur tiré) et tient dans ses 4 minutes. L'explication métier définit chaque terme technique employé. L'équipe énonce d'elle-même les limites connues |
| Solide | 4 | La démo est complète. L'explication métier s'appuie sur du jargon non expliqué, ou les limites connues sont passées sous silence |
| Fragile | 2 | La démo est partielle, ou elle échoue pour une cause interne à la base, diagnostiquée sur le moment |
| Absent | 0 | La démo échoue pour une cause interne à la base, sans diagnostic |
Réflexivité
/5L'équipe apprend de sprint en sprint. Chaque affirmation doit pouvoir être montrée : un fichier, un commit, une pull request, ou un moment daté du sprint. Le formateur peut dire « montrez-moi ». Au sprint 1, on regarde ce qui a été appris, ce qui est à refaire, et l'écart entre le plan du premier jour et ce qui a été livré. Aux sprints suivants s'ajoutent les retours précédents : ceux que chaque membre a reçus dans son ancienne équipe, et les 3 fiches de la base héritée (revue de code, soutenance, peer-review).
| Niveau | Points | On observe |
|---|---|---|
| Maîtrisé | 5 | L'équipe rattache au moins 2 apprentissages à un fait précis. Elle cite au moins un retour précédent avec l'endroit où il a été traité, ou la raison de l'avoir laissé de côté. Elle nomme une difficulté de passation avec une proposition |
| Solide | 3 | Les apprentissages sont cités sans fait précis, ou les retours sans traitement montré |
| Fragile | 2 | L'équipe s'en tient à des formules générales (« mieux communiquer ») |
| Absent | 0 | Aucun fait du sprint n'est évoqué, même à la relance |
Le déroulé
30 minutes, 5 temps.
30 minutes par équipe, une matinée, une pause. Le formateur a arbitré les rapports d'analyse la veille : il arrive en connaissant chaque dépôt.
Le besoin
Reformulation, contraintes, périmètre écarté.
La démo
Chemin principal, cas d'erreur tiré, puis séquence métier.
Les arbitrages
2 thèmes, 4 questions, relances.
Le tirage
2 membres, un élément chacun.
La rétro express
Appris, à refaire, héritage.
- Les thèmes d'arbitrage sont annoncés à 9h00 à toutes les équipes en même temps. L'ordre de passage est tiré au sort la veille.
- Les soutenances sont ouvertes aux autres équipes. La séquence de tirage peut se tenir en comité restreint à la demande d'un apprenant.
- Le formateur, et lui seul, désigne le porteur de chaque séquence. Il veille à ce que chacun ait porté les arbitrages ou la démo au moins une fois avant la soutenance. Toute question peut être redirigée vers n'importe quel membre.
- Les notes sont arrêtées à chaud : le formateur et le suppléant remplissent chacun leur fiche, puis la relisent en bloc, avec un ajustement d'un niveau au plus, motivé par écrit. La note de soutenance est la moyenne des 2 fiches. Elle vous est communiquée le j10 à 15h30, avec les 2 fiches.
- L'entreprise marraine est invitée aux soutenances de sprint comme à la soutenance finale, en invitée métier : elle pose ses questions directement, et les échanges avec elle ne comptent pas dans l'évaluation. Elle ne donne de consigne à personne, et le formateur conduit la séance. Elle est aussi invitée à la démonstration des 5 bases qui ouvre le j9 : 8 minutes par équipe, le produit qui tourne ; là encore, le formateur porte ses questions.
La soutenance finale dure 45 minutes, avec la même structure et des temps allongés. L'entreprise marraine y est invitée comme invitée métier : elle pose ses questions directement, et les échanges avec elle ne comptent pas dans l'évaluation. La base présentée est gelée avant la soutenance, et publiée en open source avec les 4 autres dès le j9.
Du score à l'appréciation
Ce que les points déclenchent.
- Par sprint, pour l'équipe, un total de 24 à 35 correspond au niveau attendu, et un total de 14 à 23 à un niveau en cours. Avec moins de 14 points, ou un critère « absent », un constat est consigné au livret. L'équipe peut demander une remédiation : le temps d'encadrement du formateur est réalloué vers elle, avec un objectif et une réévaluation à la soutenance suivante.
- En fin de parcours, pour l'apprenant (bloc B3), le bloc est acquis avec au moins 2 observations de maîtrise « oui » sans « non » sur les 2 derniers sprints, et au moins une séquence d'arbitrages ou de démo portée à « solide » ou mieux. Il est non acquis si la dernière observation est « non », sans séquence portée. Il est en cours d'acquisition dans les autres cas. Toute appréciation repose sur au moins 2 observations.
- Ces seuils sont publiés tels quels à l'entrée, restent fixes en cours de promotion, et seront calibrés après la première.
Les règles
Tout est publié à l'entrée.
- Critères, niveaux, déroulé, banque de questions, fiche de notation : tout est remis à l'entrée. Les questions-mères viennent de la banque, les relances restent dans le périmètre enseigné.
- La séance est enregistrée, pour le livret et l'usage pédagogique interne. En distanciel, la caméra reste facultative. L'apprenant qui refuse l'enregistrement passe en fin de séance, enregistrement coupé : la soutenance se déroule à l'identique. La publication requiert un consentement explicite.
- Les thèmes de décision, les catégories d'éléments et le cas d'erreur sont les mêmes pour les 5 équipes d'un sprint. Les choix, eux, diffèrent.
- On évalue la démarche et la compréhension. Une réponse vaut par son contenu : elle peut être donnée en cherchant ses mots, en montrant le code ou avec un schéma.
- Chaque note est justifiée par écrit et transmise à l'équipe le jour même ; l'observation individuelle est montrée à l'apprenant dans son livret dès le j10 à 15h30, et il peut la commenter à tout moment ; le livret est consultable à tout moment. La fiche écrite reste l'unique trace évaluative : l'enregistrement sert le livret et la relecture.
- Les notes, classement des bases et observations individuelles vont à l'équipe et à l'apprenant concerné. L'entreprise marraine reçoit en fin de promotion un bilan pédagogique agrégé, sans donnée nominative.
- Un membre absent est retiré du tirage. Son livret porte « non observé » et il est tiré d'office la fois suivante. La note d'équipe reste inchangée.
- Le tirage s'applique tel quel : si le membre désigné ne répond pas ou si l'équipe substitue un volontaire, l'élément est réputé non expliqué. C'est une absence d'observation, et elle déclenche un entretien.
- Une demande d'adaptation est recevable à l'entrée ou à tout moment, auprès du référent handicap, à handicap@agona.dev. Les adaptations possibles sont le temps majoré d'un tiers, les questions remises par écrit, la réponse écrite, la réponse en montrant le code, la pause, le tirage en petit comité, l'interprète LSF et le support visuel. L'adaptation est consignée au livret seulement.
- Une relecture de note se demande par écrit dans votre espace, de la communication des 3 notes, le j10 à 15h30, jusqu'au j1 à 9h00. Le formateur et le suppléant la réexaminent ensemble et répondent avant l'annonce du classement, le j1 à 11h00. Une fois publiés, le classement, la base commune et la recomposition des équipes sont acquis.
- À total égal, la peer-review départage les bases, puis la revue de code, puis la soutenance. Si tout reste égal, le formateur tranche par écrit.
- Le suppléant note chaque soutenance, comme le formateur. Au premier sprint, les écarts entre leurs fiches sont analysés pour calibrer la grille.
Autorisés pour produire le code. La soutenance est précisément le lieu où l'on vérifie que le code produit est compris : une partie générée que l'équipe échoue à expliquer place le niveau « fragile » ou « absent » en maîtrise de la base, exactement comme du code écrit à la main. Bien piloter ses outils et pouvoir défendre chaque choix, c'est le métier.
Se préparer
5 gestes avant chaque soutenance.
- Chaque membre lit tout le dépôt.
- Mettre les ADR à jour (
docs/adr/: contexte, options, décision, conséquences) au moment du gel. - Déposer le screencast de repli (3 minutes : chemin principal + cas d'erreur).
- Relire la fiche de revue de la base héritée et les retours individuels reçus par chacun.
- On répète la séquence métier : expliquer le sprint uniquement en termes métier.
La banque de questions
Entraînez-vous, elles sont publiques.
Chaque réponse doit pouvoir être montrée : un fichier, un commit, une pull request, ou un moment daté du sprint. Le formateur peut dire « montrez-moi ».
C1Le besoin
- « Reformulez le problème en une phrase, sans parler de technique. »
- « Quel cas limite vous a posé le plus de questions ? »
- « Qu'avez-vous volontairement laissé de côté, et pourquoi ? »
- « Si le besoin était mal compris, où le verrait-on dans votre code ? »
C2Les arbitrages
- Les 4 questions, appliquées aux thèmes du jour.
- « Qu'est-ce qui vous aurait fait choisir l'autre option ? »
- « Qu'est-ce que ce choix coûtera au prochain sprint ? »
- « Montrez-moi l'endroit du code où ce choix se voit. »
C3La maîtrise
- « Que fait cette fonction, et que se passe-t-il si on la supprime ? »
- « Pourquoi ce test existe-t-il, que protège-t-il ? »
- « Cette partie a été générée ou écrite à la main ? Qu'est-ce que vous y avez changé ? »
- « Où est la dette que vous connaissez ? » (toujours posée)
- En soutenance finale : « Montrez-moi le chemin d'une requête, de l'entrée à la base de données. »
C4La séquence métier
- « Expliquez-moi ce que ça change pour moi, sans mot technique. »
- « Quelles limites connues de votre solution expliqueriez-vous à un utilisateur, et où sont-elles documentées ? »
- « Qu'est-ce qui, dans votre architecture, rendrait telle évolution simple ou coûteuse, et pourquoi ? »
- Posées par le formateur dans son rôle.
C5La réflexivité
- « Qu'avez-vous appris ce sprint que vous ne saviez pas au début ? Un exemple précis, un commit, un jour. »
- « Qu'est-ce que vous referiez autrement ? »
- « Chacun de vous a reçu des retours au sprint précédent, dans une autre équipe : citez-en un que vous avez appliqué ici, et montrez-le. »
- « Comment s'est passée la reprise de la base héritée, et qu'est-ce qui aurait aidé ? »
La suite
35 points pour le code,
35 pour la pensée.
La grille de revue mesure ce qui est écrit ; la soutenance, ce qui est compris. Les 2 sont publiées.
Voir la grille de revue Le programme · La consigne · Les dépôts · La peer-review · Les épreuves · L'encadrement